En Haïti, on parle souvent de l’énergie à travers les pénuries et les urgences. Pourtant, il n’y a pas que cela. Et en depit d’un environnement plein de défis, certaines expériences exceptionnelles peuvent servir de leçons utiles.
Depuis plus de quinze ans, la centrale électrique E-Power est en exploitation. Au-delà de la production d’électricité, ce projet constitue une expérience haïtienne concrète de structuration financière et de gestion des risques, mobilisant à la fois des ressources nationales et des capitaux internationaux. Il convient de noter que les capitaux étrangers sont extrêmement difficiles à attirer vers Haïti dans notre contexte houleux.
Le point central du modèle E-Power n’est pas technique: il est financier et stratégique. Dans un contexte comme le nôtre, le défi majeur est la prévisibilité des paiements et la sécurisation de la chaîne financière. La réponse apportée — via des mécanismes de garantie reconnus à l’international — a renforcé la confiance des investisseurs et permis de mobiliser des financements.
La leçon est simple : quand les risques sont couverts et les règles du jeu claires, des projets viables deviennent possibles.
C’est précisément pour cela que le cas E-Power mérite d’être documenté et transformé en étude de cas haïtien, à partager avec le milieu universitaire. La recherche, la mobilisation des fonds, le respect des échéances et le maintien de la viabilité en dépit des épreuves diverses. Haïti manque de références locales enseignables sur le financement et la gouvernance des infrastructures. On apprend souvent des modèles importés, déconnectés des réalités nationales. Ce cas haïtien est un modèle instructif, applicable à la réalité locale.
Capitaliser sur le modèle E-Power, ce n’est pas célébrer un projet : c’est outiller le pays pour en réussir d’autres, et former une génération capable de répliquer ce qui marche.