Lors de son intervention à la tribune des Nations Unies (ONU), le président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr a relancé le débat historique sur la « dette de l’indépendance » imposée à Haïti par la France. Dans un discours empreint de gravité et de fierté nationale, il a rappelé que cette dette, contractée sous la contrainte après la victoire des indigènes sur l’armée coloniale française, a lourdement hypothéqué le développement économique du pays pendant plus d’un siècle._
Le dirigeant haïtien a dénoncé ce qu’il qualifie d’« injustice historique » et a souligné que la reconnaissance officielle de cette dette comme illégitime constituerait un pas essentiel vers la réparation morale et économique du peuple haïtien.
« Il est temps que la communauté internationale, notamment la France, fasse face à cette page sombre de l’histoire et reconnaisse la responsabilité de cette spoliation », a déclaré M. Saint-Cyr, sous les applaudissements d’une partie de l’assemblée.
Dans son allocution, Laurent Saint-Cyr a également insisté sur le lien entre cette dette et la situation socio-économique actuelle d’Haïti. Selon lui, l’effort colossal exigé à la jeune nation pour rembourser cette somme a vidé les caisses publiques et freiné durablement les investissements dans les infrastructures, l’éducation et la santé.
Il a plaidé pour un dialogue international en vue d’une « réparation symbolique et économique », qui, selon lui, serait un acte de justice et de reconnaissance historique.
Cette prise de position, saluée par plusieurs délégations africaines et caribéennes, relance un débat qui divise encore les chancelleries. Tandis que certains pays appellent à un processus de reconnaissance et de réparation, d’autres, notamment la France, se montrent prudents face à cette revendication.
Quoi qu’il en soit, le discours de Laurent Saint-Cyr marque une étape importante dans la réaffirmation de la mémoire historique et de la dignité du peuple haïtien sur la scène internationale.
Laurore Michel