Théophil Ostinvil a dressé le bilan de ses 12 mois à la tête de la DINEPA
Ce samedi 21 février à Pétion-Ville, le responsable principal de la Direction nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement (DINEPA) a, lors d’une cérémonie solennelle, marqué ses douze mois de gouvernance en présence des grands ténors de l’institution : le DG, le DRO, le DRH, le Directeur de la Communication Luckenson Auguste, ainsi que plusieurs cadres et employés. Un un exercice de reddition de comptes au cours duquel le DG a fièrement brandi son bilan.
D’entrée, le DG Théophil Ostinvil a tenu à préciser : « Ce bilan est celui de la DINEPA dans son ensemble. Il appartient à tous les cadres, à tous les employés, à nos partenaires techniques et financiers, au Gouvernement et à la presse qui nous a accompagnés sans relâche. » Un message clair de dépersonnalisation des résultats : il ne s’agit pas d’un homme, mais d’une institution.
La DINEPA reste l’un exemple d’institution qui, malgré les défis budgétaires persistants, l’insécurité affectant les chantiers et les déplacements, pressions sociales liées à la crise humanitaire, a gardé le cap sur sa mission sa mission : garantir l’accès à l’eau potable et l’assainissement pour la population.
Ce bilan est présenté sous trois pans :
– ’amélioration de la coordination sectorielle, afin de mieux harmoniser les interventions sur le territoire.
– l’autonomisation financière, avec une volonté affirmée de rendre le secteur plus viable et plus rentable.
– le renforcement des capacités opérationnelles et techniques, pour doter la DINEPA d’outils et de compétences à la hauteur des besoins nationaux.
Le numéro 1 de l’institution a insisté sur que ce bilan ne constituait un éventail de satisfaction, mais une évaluation rigoureuse qui servira d’ancrage pour une amélioration continue dans le secteur.
Parmi les réalisations concrètes, huit réseaux hydrauliques ont été inaugurés, finalisés ou mis en service au bénéfice de la population, notamment à Lafond (Jacmel), Miragoâne, Faugace (aux Cayes), Les Irois, Bonbon, Anse-à-Pitres, Vivi-Mitchell et Anse-à-Veau. Parallèlement, douze autres réseaux d’eau potable ont été lancés, couvrant des zones stratégiques telles que Les Cayes, Jacmel, Vivi Mitchell, Jérémie, Vallières, Maïssade, Borgne, Pilate et Lascahobas. Au Cap-Haïtien, le projet de ligne d’adduction visant Babiole, Vaudreuil, le Haut du Cap jusqu’à Morne Rouge figure parmi les initiatives structurantes.
Les chantiers ont été poursuivis et accélérés dans plusieurs régions : Vivy Mitchell, Gonaïves, Cap-Haïtien, Limonade où un projet d’usine de traitement des boues de vidange est en cours ainsi qu’à Saint-Louis du Nord, Fort-Liberté, Hinche, Caradeux, Puits-Blain, Léogâne et Jérémie. Des forages, des bâtiments administratifs, des centres techniques d’exploitation (CTE) et des clôtures de sécurisation ont été réalisés ou engagés.
D’autres projets sont en phase de signature de contrat, notamment au Cap-Haïtien avec la construction de deux réservoirs d’une capacité de 1 584 000 gallons à Babiole, la mise en place d’une ligne de refoulement à Balan, le renforcement du réseau de Fort Saint-Michel, quatre forages pour Port-de-Paix, ainsi que le réseau hydraulique de Lascahobas.
L’action de la DINEPA s’est également illustrée dans la gestion de l’urgence. Dans le département du Centre, quatorze camps ont bénéficié d’assistance, touchant environ 90 000 personnes. À Port-au-Prince, plus de 2 250 camions d’eau ont été mobilisés au profit de plus de 60 000 personnes, sans compter les interventions dans le Sud-Est et les opérations de vidange de fosses septiques dans les prisons, commissariats et camps. Distribution de chlore, eau traitée : l’institution s’est positionnée en première ligne face à la crise.
La DINEPA sous la direction du DG Ostinvil, n’a pas mis l’accent uniquement sur l’infrastructurel mais elle a aussi touché à la réforme institutionnelle.
Parmi les mesures prises : la mise en place d’un Conseil de Direction, la réingénierie du personnel avec transferts et promotions, la réintégration de cadres, l’installation de logiciels pour sécuriser les transactions financières, la résolution sur les grilles tarifaires afin de renforcer la rentabilité du secteur, la formation continue des cadres et la consolidation des partenariats internationaux.
Cette occasion était aussi le moment pour Ostinvil de souligner le soutien incontournable des partenaires techniques et financiers tels BID, Banque mondiale, Union européenne, Coopération suisse, Coopération espagnole, entre autres ainsi que l’appui du Gouvernement.
En chiffre, les résultats sont impressionnants : 8 SAEP en fonction, 28 réseaux opérationnels dans des zones stratégiques, plus de 11 000 nouveaux ménages connectés à Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Jérémie, Port-de-Paix, Hinche et ailleurs, et près de 27 millions de mètres cubes d’eau produits et distribués.
En dernier ressort, le Directeur Général a rappelé que le « secret » de ces avancées réside dans un changement de leadership, une équipe engagée et déterminée, le soutien des partenaires et du Gouvernement. Il a, pour boucler, repris ces propos teintés de conviction : « ce ne sont pas les résultats d’un homme. Ce n’est pas Ostinvil, c’est la DINEPA. »
Douze mois après son entrée en fonction, la DINEPA affiche un bilan à la fois ambitieux et réaliste.
Pierre-Paulsonn Devilien