Intervention de son Excellence Smith Augustin au COP30
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Mesdames, Messieurs, les chefs de délégation,
Distingués Délégués,
C’est avec un profond sentiment de responsabilité que je porte aujourd’hui la voix du peuple
haïtien à cette 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques.
Je veux premièrement adresser mes sincères remerciements à Son Excellence le Président
Luiz Inágcio Lula da Silva et au peuple brésilien pour leur accueil chaleureux.
Je félicite le Secrétaire Général des Nations Unies pour son engagement constant en faveur
de la paix et de la justice internationale.
Excellences,
Distingués Délégués,
Ma délégation veut rappeler que le réchauffement général de la planète est dû aux activités
humaines. Les industries polluantes sont les principales sources des émissions de gaz à effet de
serre. Malheureusement, ce sont les pays du Sud qui sont les grandes victimes d’un phénomène
qu’ils n’ont pas créé.
Pour les petits États insulaires en développement, les changements climatiques sont déjà une
menace existentielle. Et si l’on parvient à perdre son territoire, on perd sa propre identité, son
histoire et sa culture. On perd tout. Déjà les risques sont réels. Si rien n’est fait, des villes
côtières et même des îles entières pourront disparaitre dans les prochaines décennies à cause de la montée des eaux.
Haïti, mon pays, est l’un des États les plus vulnérables aux changements climatiques. Il est classé au premier rang de l’indice mondial des risques climatiques et au troisième rang de l’indice des risques climatiques à long terme. Il fait face à la sécheresse, aux inondations côtières, à la salinisation des sols, à une érosion de sa biodiversité et à une baisse du rendement
agricole.
Les ouragans, de plus en plus violents, dévastent le pays. La semaine dernière encore,
l’ouragan Melissa a fait 47 morts, 17 disparus et occasionné des dégâts matériels considérables
dans le Sud et l’Ouest du pays. Le Conseil Présidentiel de Transition a une pensée émue à l’intention des victimes haïtiennes et met en œuvre en ce moment un plan de réponse adapté aux pertes et aux besoins. Nous profitons aussi de l’occasion pour adresser nos sympathies aux
autres peuples de la région touchés par cette catastrophe.
Excellences,
Distingués Délégués,
L’État haïtien a toujours agi pour répondre à ses engagements visant l’atténuation tout en
luttant pour l’adaptation du pays. Depuis 2005, la législation nationale continue d’être actualisée pour répondre au défi environnemental et climatique. Mon pays a présenté plusieurs communications nationales et a élaboré un Plan d’Action
National d’Adaptation et une Politique nationale sur les changements climatiques. Nous avons adhéré au Programme Pilote sur la Résilience Climatique (PPRC) et soumis en 2021 une
première actualisation de notre Contribution Déterminée au niveau National.
Je veux souligner que les pays en développement et particulièrement les petits États insulaires qui sont les moins responsables du réchauffement climatique ne pourront pas réussir
leur adaptation sans une solidarité internationale sincère et agissante.
Les pays industrialisés, principaux responsables du réchauffement climatique, se sont engagés à offrir une assistance financière et technique accompagnée d’un renforcement des
capacités pour permettre l’adaptation des pays en développement. Malheureusement, les
promesses n’ont pas toujours été tenues ni suivies d’effets décisifs.
J’espère que la COP 30 sera effectivement l’occasion de reconnaitre l’urgence d’agir, d’agir ensemble pour l’avenir. Et ce sera de la justice climatique pour la préservation de notre planète
commune.
Je vous remercie.