Ces dernières années, les relations entre Haïti et la Colombie semblent prendre une tournure plus concrète, plus engagée. Bien au-delà des gestes diplomatiques, les deux pays commencent à tisser des liens profonds, nourris par des valeurs communes et des défis similaires.
L’histoire fraternelle entre Haïti et la Colombie remonte à un passé où les idéaux dépassent les frontières. Peu après l’indépendance d’Haïti, Alexandre Pétion, alors président, a offert aide, refuge et soutien à Simón Bolívar dans son combat pour la liberté en Amérique du Sud. Cet acte, considéré comme un des plus nobles de la solidarité internationale, fit d’Haïti non seulement un pays libre, mais aussi un phare d’émancipation pour d’autres nations.
Un jalon juridique majeur dans les relations bilatérales est le Traité Liévano‑Brutus, signé le 17 février 1978 à Port‑au‑Prince par Indalecio Liévano pour la Colombie et Edner Brutus pour Haïti. Ce traité définit la frontière maritime entre les deux États et prévoit aussi une coopération importante autour de l’environnement et de la protection des espèces migratoires.
En décembre 2024, plusieurs accords bilatéraux ont été signés, touchant des secteurs vitaux comme l’éducation, la sécurité, l’agriculture et la migration. Ce sont là des domaines stratégiques, où la collaboration peut apporter de vraies réponses aux besoins criants du moment.
La visite historique du président colombien Gustavo Petro en juillet 2025 à Port-au-Prince a marqué un tournant. En annonçant l’ouverture d’une ambassade colombienne en Haïti, il a posé un geste fort, celui de la proximité, de l’engagement durable. Il a également réaffirmé la volonté de la Colombie d’accompagner Haïti dans le renforcement de ses institutions, en particulier dans la formation de ses forces de l’ordre, mais aussi dans le cadre d’échanges éducatifs et de coopération agricole.
Citations:
Christnoude BEAUPLAN