Bois-caïman: symbole vivant d’unité et consensus national
Le 14 août 1791, dans la clandestinité des forêts épaisses de Bois Caïman, s’est scellée une alliance sacrée entre esclaves, leaders africains et insurgés, dont l’impact historique ne saurait être relativisé ni réduit au mythe, mais bien reconnu comme une réalité tangible, une étape inéluctable dans la marche vers l’indépendance haïtienne. Cet évènement a incarné l’union, la solidarité et la détermination collective face à l’oppression coloniale. Aujourd’hui, en pleine crise multidimensionnelle qui secoue la République d’Haïti, il importe de rappeler que l’application des principes de cet acte fondateur peut, et doit, constituer un levier puissant pour l’instauration d’une gouvernance efficiente et pour la lutte acharnée contre l’insécurité chronique qui gangrène le pays.
Le Congrès du Bois Caïman, en tant que moment de convergence de toutes les forces vives de la société esclavagiste, a démontré que la cohésion, la solidarité et la foi collective sont les piliers d’une résistance victorieuse. Il faut reconnaître qu’il a été l’épicentre d’une union stratégique, d’une orchestration concertée pour la libération et l’émancipation. La leçon que nous en tirons aujourd’hui est que l’unité, dans toutes ses dimensions, constitue le socle indispensable pour faire face aux défis contemporains.
Pour que cette unité historique serve de modèle à la gouvernance actuelle, il faut en tirer des enseignements concrets. La première consiste à fédérer toutes les composantes de la société haïtienne autour d’un objectif commun : la stabilité, la justice et le développement durable. La fragmentation, la méfiance et les divisions partisanes ne peuvent qu’alimenter l’instabilité et renforcer l’insécurité. En ce sens, il devient impératif de bâtir un consensus national, qui transcende les intérêts égoïstes et privilégie l’intérêt supérieur de la nation.
Heureusement , la gouvernance s’appuie déjà sur la transparence, la responsabilité collective et la lutte contre la corruption, comme le prônaient les leaders du mouvement révolutionnaire.
La responsabilisation des acteurs publics, la participation citoyenne et la cohésion sociale doivent devenir les vecteurs d’un changement profond, capable de restaurer la confiance et d’instaurer une paix durable.
Le souvenir du Bois Caïman doit alors inspirer une renaissance collective, en mobilisant la société toute entière pour faire face à la criminalité, à la violence et à l’instabilité.
La solidarité et l’unité citoyenne doivent s’incarner dans la création d’alliances sociales et communautaires, qui jouent un rôle de première importance dans la prévention et la dissuasion. La collaboration entre autorités, forces de sécurité et populations doit se renforcer sur la base d’une vision partagée de sécurité, où la responsabilité collective devient la règle.
L’unité comme vecteur de résilience et de reconstruction nationale
La cérémonie du Bois Caïman enseigne que l’union dans la lutte et la foi dans la cause commune peuvent aboutir à la victoire. Aujourd’hui, cette leçon doit continuer à guider le peuple haïtien dans son combat pour la renaissance nationale. La résilience face à l’adversité ne peut s’édifier que sur une unité profonde, authentique, sincère.
Le pays doit se réapproprier cette mémoire collective, en en faisant un leitmotiv pour la reconstruction institutionnelle, la réaffirmation de la souveraineté, et le rétablissement de la paix sociale. La solidarité, la cohésion et la responsabilité partagée sont les clés pour déjouer les plans de déstabilisation et restaurer la stabilité que l’histoire, notamment à travers le Congrès du Bois Caïman, a toujours prônée.
L’unité démontrée lors de ce congrès doit continuer à faire office de modèle et de référence pour l’action politique et sociale en Haïti. La solidarité, la cohésion et l’engagement collectif, guerres contre l’oppression et contre l’insécurité, sont autant de piliers pour bâtir un avenir où la souveraineté, la justice et la paix seront enfin restaurées. La grandeur d’Haïti réside dans sa capacité à rassembler ses forces, comme l’ont fait nos ancêtres dans la clandestinité des bois, pour faire triompher la liberté et l’indépendance.
Dans la dynamique de doter le pays d’une nouvelle constitution adaptée aux défis de l heure ,il serait bon de faire la cérémonie du Bois Caïman, la pierre angulaire d une société où la justice sociale devient la base réelle de la paix et le développement sociale inclusif.
Jacques Ambroise